Christian — Le micro-mouvement

En plein milieu de ses exercices de yoga dans le jardin, Christian se dit : autant faire la séance ici aussi. Retour au gazon synthétique — la même surface qu'au Jour 11, où le système nerveux avait été diverti dans tous les sens par le vent, le soleil et les vagues. Cette fois, l'approche est tout autre.

Position fœtale

Bouger comme le bébé

Il se dépose sur le côté droit, puis le côté gauche. Pas de recherche des arêtes, pas d'analyse. À la place : des micro-mouvements sur l'ensemble du corps. Comme le bébé le fait naturellement — des ajustements minuscules, constants, sur toutes les surfaces en contact avec le sol.

Ce que Christian explore, c'est la réversibilité. Le système nerveux est tout le temps dans le micro-mouvement, tout le temps dans la réversibilité. À chaque inspiration, à chaque expiration, il y a une sensation de rentrer en contact de façon plus importante avec le sol. Le corps se dépose, se stabilise, se met en sécurité.

Et surtout : les micro-mouvements ne laissent pas le temps à la gravité d'agir complètement. On ne sent pas les arêtes, on ne discrimine pas le confort de l'inconfort. La mémoire sensorielle et l'intellect sont partiellement neutralisés — non pas absents, mais en sourdine. C'est très agréable.

Le corps a changé

Des épaules à la tête, à droite comme à gauche, il n'y a plus du tout l'inconfort qu'il y avait au début du projet. Les côtes rentrent en contact avec le sol, devant et derrière. Le bassin est là, la respiration pousse le ventre et les poumons vers le bas. Le bassin glisse, les genoux glissent l'un sur l'autre, les pieds glissent l'un sur l'autre. Un micro-mouvement permanent — vraiment petit — pour travailler la surface de la subtilité tout en restant connecté à cette réversibilité.

L'inconfort disparaît complètement.

Sur le dos, même exploration. Christian soulève légèrement les pieds avec les jambes pliées pour activer le bassin, ou bien, pieds au sol, quelques petites pulsions qui génèrent des milliers de micro-mouvements au niveau du bassin. La répercussion se sent dans la colonne vertébrale, dans les omoplates qui glissent, jusque dans la tête. La surface du corps en contact avec le sol est devenue très importante.

Ce que l'on retient

Les micro-mouvements annulent l'inconfort. En bougeant constamment comme le bébé, le système nerveux reste dans la réversibilité — il n'a pas le temps de laisser agir la gravité et de sentir les arêtes. L'inconfort disparaît complètement.

La mémoire sensorielle et l'intellect sont partiellement neutralisés. La réversibilité constante empêche la discrimination entre confort et inconfort. Le corps explore sans juger, sans analyser — il bouge.

Le corps a changé en seize jours. Des épaules à la tête, l'inconfort du début n'existe plus. La surface de contact avec le sol est devenue très importante. Le bassin glisse, les genoux glissent, les pieds glissent — tout est devenu mouvement.

Seize jours. Dans le jardin après le yoga, Christian découvre les micro-mouvements du bébé : la réversibilité constante du système nerveux annule l'inconfort, neutralise partiellement la mémoire sensorielle et l'intellect, et augmente la surface de contact avec le sol. Le corps a changé — l'inconfort du début n'existe plus.

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