Christian — Pourquoi chercher ?
La séance s'est faite spontanément. L'intention initiale était d'aller au jardin pour la préparation de hatha yoga et de revisiter les douze étapes du bébé, comme chaque jour, avant la pratique de Shambhavi. À un moment donné, dans la position fœtale sur le côté droit, le confort est immédiat et total. Christian décide de rester là et de ne plus bouger.
Ne plus bouger
Aucun ajustement nécessaire. Aucune envie d'explorer le confort ou l'inconfort, le chaud ou le froid. Tout vient à lui, sans rien, et le système nerveux accepte ce qui arrive tel que ça arrive. À aucun moment il ne se retrouve dans l'accumulation — dans le réservoir d'expérience corporelle avec une interprétation d'adulte. Le système nerveux reçoit sans stocker.
Christian décide de ne pas aller du côté gauche ni sur le dos. Il est très bien du côté droit. Et la question émerge : à quoi ça sert d'aller chercher dans d'autres positions ce qui est confortable ou inconfortable ?
La confusion de l'exploration
L'exploration, à un certain moment, peut aussi se faire de manière très basique, sans accumuler sans cesse. L'accumulation sème la confusion. Elle fait réfléchir à des choses qui, finalement, n'ont pas besoin d'être réfléchies. Quand on est bien dans une position confortable, pourquoi aller chercher quelque chose d'autre pour se sentir inconfortable ?
Le bébé ne fait pas ça. Le bébé est déposé dans une position, et s'il est confortable, il reste. Il ne va pas chercher l'inconfort pour se comparer. Il n'explore pas pour accumuler de l'information. Il est là, et c'est suffisant.
La question
Mais une question émerge — et c'est probablement l'adulte qui pense. Il y a un moment où la position fœtale, ou sur le dos, ne suffit plus. Il faut passer à l'étape suivante : se mettre sur le ventre, lever la tête, élargir les possibilités qui mèneront à l'autonomie. Quand on est bien couché sur le côté, comment passe-t-on à ce qui suit ? Comment la transition se stimule-t-elle ?
C'est la question du développement lui-même. Le bébé, lui, ne se la pose pas. La maturation le pousse. Mais l'adulte qui revisite ces étapes n'a pas cette poussée biologique. La question reste ouverte.
Ce que l'on retient
Pourquoi chercher quand le corps est bien ? Au Jour 12, le mot clé était « se déposer ». Au Jour 13, la question va plus loin : pourquoi aller chercher dans d'autres positions ce qui est confortable ou inconfortable ? Le bébé ne le fait pas — on le dépose, il reste. L'adulte, lui, cherche à explorer, à comparer, à comprendre. Le Jour 13 remet en question ce réflexe.
L'exploration constante crée de la confusion. Scanner, comparer, accumuler les sensations d'une position à l'autre finit par brouiller le signal. Les premiers jours de ce parcours étaient nécessairement exploratoires — il fallait redécouvrir le sol, les surfaces, les positions. Mais à un certain moment, l'exploration devient un obstacle. Elle empêche de simplement être là.
Le système nerveux accepte sans accumuler. Pour la première fois, Christian note explicitement qu'il n'est pas dans le réservoir sensoriel — pas dans l'accumulation d'expériences corporelles avec une interprétation d'adulte. Le système nerveux reçoit ce qui vient, sans le stocker, sans le catégoriser, sans le comparer. C'est un fonctionnement pré-Manas — exactement ce que fait le nouveau-né.
← Retour au journal